14 mai 2013

"Cette Justice, avec un grand J."



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Mathilde passe de bons moments sur un voilier, au large de la Bretagne. L’horreur lui tombe dessus sans prévenir : le navire est renversé par des inconnus. Mathilde est la seule rescapée du naufrage. Mais pour combien de temps ? La voilà… traquée !


Par Bertrand Puard
Dans Je Bouquine - juin 2013 - numéro 352
44 pages


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Je vous présente donc un court avis sur ma lecture d’un Je Bouquine tout excitant, plus particulière du roman frissonnant du merveilleux Bertrand Puard, qui écrit ici un court texte sur l’effacement de Mathilde, de sa série parue chez Hachette et qui est à ce jour un coup de cœur pour moi !
Ainsi, ce texte inédit nous présente un personnage du livre qui m’avait beaucoup plus -la douce pianiste Mathilde- qui est ici sous un jour attachant et frissonnant… on plonge dans son histoire avant les Effacés, et elle est prenante par son émotion, et épatante par son rythme !
J’ai été embarqué, électrocuté, marqué… l’auteur nous embarque dans un suspens terrible et une histoire frissonnante de plaisir et d’excitation ! Elle est courte, certes, mais bonne malgré que lire un bon tome de la série soit bien mieux !
Des narrations à double sens nous offre une lecture fluide et forte, un style singulier et sincère, affirmé, des personnages sympathiques, bien construits, forts… Le tout est pétillant et fort ! Un petit roman, une nouvelle, que j’ai adoré, que vous vous devez d’acheter ! Mais il m’a surtout plu et me rend un avis si positif parce qu’il vient des Effacés… ! Bref, lancez-vous dans cette merveilleuse saga !

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Fort et engagé, sympathique et frissonnant !


10 mai 2013

Aidez-moi !

 

Venez voter pour moi pour que je puisse être blogueur en série MICHEL LAFON !
IL SUFFIT JUSTE D'AIMER LA PUBLICATION...

Pour lire le texte si vous n'arrivez pas à le lire :
Je m’appelle Tom, j’ai 16 ans depuis janvier et je suis en 1ère littéraire… Rien de bien différent pour le moment. Rien de bien original jusqu’ici. J’ai ma vie, mes amis, mes cours, mes notes, mes bulletins, mes devoirs, mes examens, mes occupations…
Dont la principale. La lecture.
Je l’ai découverte alors que j’apprenais juste à déchiffrer les lettres. De mes petits doigts encore gamins, je découvrais le plaisir de découvrir, caché sous ces lignes, une histoire. Un autre monde. Une autre vie.
Un rêve.
Les rêves, le rêve de la lecture. Rêver tout en lisant, rêver pour se découvrir et découvrir d’autres horizons, d’autres lieux, d’autres rêves encore.
J’ai créé mon blog pour partager ces rêves et donner envie de les vivre à son tour. Des rêves communs, attendrissants, explosifs ou sentimentaux. Des rêves uniques et forts, des rêves puissants et différents.

POURQUOI MOI ?
Pour moi, la lecture c’est avant tout ces deux choses. Le rêve et le partage. Quand je prends un roman, je le palpe et le regarde sous toutes les coutures en me demandant ce qui va bien pouvoir m’arriver cette fois-ci. Quelle aventure je vais bien pouvoir vivre… Alors je veux vivre de nouvelles aventures, parcourir des contrées inconnues et découvrir de nouveaux rêves.
Je peux remplir ce rôle. Lire ces livres. Vivre ces histoires. Pour ensuite donner envie aux autres de les vivre… je serais l’éclaireur, ils seraient les réels aventuriers.
J’aime ce que vous publiez, j’aime découvrir des choses que je n’ai pas lues, et j’aime beaucoup votre édition pour tout ce que vous avez changé depuis bientôt 2 ans.
J’aime relever les défis, surprendre et me surprendre moi-même.
Je suis là, je suis prêt à relever ce défi pour surprendre, pour rêver, pour vous faire rêver et pour montrer le chemin aux autres, avec toute la bonne humeur possible !
Ces couleurs d’été, dans mon image, ces images pleines de beauté, et de sens… des images de rêves, d’étés rêvés, où il ne manque plus que dans chacune d’elle… un livre. Plusieurs mondes superposés…
Plusieurs mondes à rêver.
 


8 mai 2013

"Je l'ai enfin atteint, le point de l'Emmerdement Maximum ?"


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Pour fabriquer une bonne embrouille, il faut se mettre à plusieurs et se répartir le boulot. Un taggeur trouillard, un sac à dos volé, un squat entre copains... Et voilà qu'Antoine doit nettoyer les salles de classe tous les matins pendant une semaine.
Dans l'équipe d'entretien, il y a bébé. Elle est jolie comme Béyoncé et Antoine ne peut rien lui refuser... Il en oublierait presque que Lison l'a quitté ! Les ennuis ne font que commencer. 


Humour, esprit et loi des séries : la vie au collège par Marie Desplechin !


Par Marie Desplechin
Aux éditions Gallimard Jeunesse
12,50 euros
230 pages


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                J’aimerais pour commencer remercier encore une fois les éditions Gallimard Jeunesse et le blog On lit plus fort pour l’envoi de cet autre livre… J’ai toujours adoré ce que Marie Desplechin écrit, elle a le don de mêler malice et ingéniosité dans les scènes du quotidien, futiles, banales ou inintéressantes… pour rendre le tout un brin explosif, et quelque peu maladif ! J’ai donc beaucoup aimé ce livre, qui est dans la lignée de La belle Adèle, reprenant le même univers, les mêmes personnages… mais se lisant tout à fait séparément ! Bref, ce n’est pas un livre qui m’a offert mille et unes sensations, mais j’ai passé un très bon moment !

                Tout commence par un malheureux tag dans un agenda dans une soirée… puis un sac volé, et alors des travaux d’intérêt général… en compagnie de Bébé, et de Chouchou… Antoine va accumuler les catastrophes et se confronter à la terrible Loi de l’Emmerdement Maximum…

                J’ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers quotidien qui était bien mené et décrit par l’auteure… l’histoire est amusante, et tout le livre se lit avec une facilité déconcertante ! Un style fluide et bourré d’humour vous laisse le sourire aux lèvres durant toute votre lecture… J’ai été emporté par cette histoire et ces personnages qui ne m’ont pas laissé de marbre…

                Cette ribambelle de personnages mêle une multitude de sentiments, de caractères et de relations… Marie Desplechin construit ici une série de personnages rigolos et qui se mélangent, se croisent et se décroisent avec une maîtrise parfaite ! J’ai adoré Antoine qui a un caractère et une façon de raconter l’histoire drôle et sincère, il est collégien, parfois un peu abruti, mais on s’y attache facilement… Gabrielle, Thomas, Lison, Bébé, Chouchou, Dark Vador, Charpentier… tous les autres personnages sont à croquer, cracher ou décrocher ! On s’y agrippe, on les repousse ou les secoue, mais tous les cas ils nous font réagir brusquement par un éclat de rire ou de fureur !

                L’émotion n’est pas ce qui caractérise ce roman attachant, tout comme ce dernier n’est pas caractérisé par les sentiments, un style extrêmement fort et poétique ou une histoire particulière passionnante. Mais c’est ce qui fait le charme de ce livre : on se laisse juste divertir, on sourit, on rit un peu, on est parfois tout de même ému par les aventures et réactions de tout ce petit monde qui s’agite autour d’une histoire de collégiens, de bébé et de Bébé !

                Ce qui est tendre, dans cette histoire, c’est les différences entre tous les personnages, c’est aussi l’esprit drôle et attachant, et l’esprit qui nous hante, qui nous fait retourner au collège… c’est drôle, mais surtout tellement vrai parfois ! On retrouve un univers un peu oublié mais pourtant toujours là quelque part en nous.

                Seul point négatif : je ne saurais le définir ! Même ma chronique en devient drôle !… non je sais qu’il y a quelque chose qui ne me permettait pas non plus d’entrer totalement -comme dans d'autres livres qui me passionnent- dans cet humour explosif et cette histoire même si pas émotionnelle à souhait et aussi passionnante que d’autres romans de l’auteur, totalement bien ficelée… l’âge peut être ? Ca n’empêche pas le très très bon sentiment ressenti à cette lecture, mais je suis persuadé que les plus jeunes adoreront et en parleront bien mieux que moi ! Pour vous -plus jeunes que moi- ou pour vous -parents- et vos enfants, achetez-le vite !

                Je peux donc conclure que ce livre n’est pas le plus émotionnel ou plein d’actions que vous pourrez trouver, mais j’ai été bien diverti, bien content de lire cette histoire aux nombreux rebondissements, aux vives répliques, à l’humour décapant et surtout à tous ces personnages extravagants et tellement plaisants ! On plonge dans une histoire attachante, qui va finir par réunir tout un petit monde dans une histoire presque abracadabrante mais hilarante ! Un roman à déguster, à croquer doucement, pour le plus jeunes surtout, mais aussi les plus grands !

◄►◄►◄ LES + ? ►◄►◄►
- Une intrigue bien ficelée avec rebondissements et fin décapante
- Une ribambelle de personnages drôles et attachants
- Du rire et du sourire

◄►◄►◄ LES - ? ►◄►◄►
- Difficile à définir, mais peut-être pour les plus jeunes !

◄►◄►◄ EN BREF ►◄►◄►
Un livre jeunesse explosif et rigolo et à croquer !


6 mai 2013

"Notre esprit est la clé de tout.


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Je vous conseille plutôt mon résumé dans ma chronique : moins révélateur :)


Alex vit en Italie, Jenny en Australie. Ils ont seize ans. Un lien subtil les unit depuis toujours : un dialogue télépathique qui surgit sans prévenir, dans un état d'inconscience. Jusqu'au moment où les adolescents décident de se rencontrer pour la première fois. Mais le jour de leur rendez-vous, ils ont là tous les deux au même endroit, cependant ils ne peuvent pas se voir... 
Ils découvrent qu'il existe une infinité d'univers parallèles et que la réalité qui les entoure n'est qu'une de ses multiples dimensions. Une vérité qui bouscule totalement leur existence, détruisant toute certitude sur leur monde. Comment Alex et Jenny pourront-ils se retrouver pour vivre leur amour ? Alors même que leur destin semblé lié à celui, inéluctable, de la Terre...


Par Leonardo Patrignani
Aux éditions Gallimard Jeunesse
15 euros
329 pages


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                Je n’avais jamais entendu parler de ce livre, d’aucune façon et même pas de nom, alors quand j’ai reçu ce livre j’étais assez curieux -j’aime les livres dont on ne sait rien ! Si vous ressentez la même curiosité face à cette couverture juste splendide qui m’a fasciné, même sans les merveilleuses couleurs, et face à cette histoire tentante et au parfum de mystère encore non dévoilé et qui promet d’être exaltant… n’hésitez pas ! En aucun cas. Ce livre est enivrant, entêtant, prenant, exaltant… fracassant et plein de beauté. Je vous le conseille, si vous voulez plonger dans un univers profond et riche, une intrigue tonitruante et captivante, et une relation unique et forte ! Un livre résonnant de puissance !

                Alex et Jenny arrivent à communiquer par télépathie. Pourquoi eux, comment et dans quel but, ils n’en ont aucune idée. Mais quand ils décident de se rencontrer, et qu’ils font face à une terrible découverte, le sens qu’ils avaient donné à cette rencontre et à ces échanges bascule. Tout devient différent… ils ne vivent pas dans la même possibilité du présent. Le Multivers existe.

                Waouh. Première réaction face au roman. Tout y est pour faire de ce livre quelque chose de fort : un style puissant, doux et poétique à la fois, un univers explosif et unique, une relation passionnante, une intrigue pleine de suspens… on plonge dans un univers dès le début maîtrisé avec talent ! La confusion règne parfois, mais avec envie, et désir de se retrouver au milieu de cet inconnu si séduisant, cet univers si original et si intriguant… L’univers. Le Multivers. J’ai aimé cet endroit fantastique parce qu’il est différent, il est unique, il est grand, fort et m’a rappelé de bons souvenirs : j’aime ces réalités différentes, ces évènements qui changent, ces possibilités infinies qui se lient, s’entremêlent et peuvent changer du tout au tout. J’ai rapproché de livre de l’univers uchronique dont j’avais fait mon TPE pour le bac cette année et sur lequel j’aime vraiment réfléchir. Les univers changeants, les croisements, les détails qui deviennent plus qu’importants… et si l’Histoire ou une histoire étaient complètement différents à cause d’un seul détail… Passionnant. Oui ça m’a pris, ça m’a hanté, charmé et fait trembler…

                Trembler. Une réaction parmi d’autres. Une réaction parmi tout un tas de sentiments dévastateurs ou doux. J’ai ressenti tout ce qui est possible dans un livre - ou presque. Un profond attachement pour des personnages, de la peur, de la vraie peur qui vous serre le ventre, vous le compresse et le tord et vous rend votre souffle haletant ou comprimé, de l’amour avec une empathie sensible avec les personnages, de la surprise pour ces rebondissements surprenants… Je me suis laissé emporter par la chaleur d’une après-midi pleine d’émotion ou par le soir fracassant d’un sinistre jour. J’ai exulté, je me suis enragé, j’ai ri, j’aurais pu presque pleurer de frustration…

                Au milieu d’une cacophonie de sons mais aussi de couleurs et de noir, j’ai traversé ce torrent d’émotion qui a jailli au sein d’une fin tonitruante. La peur, la vraie peur glaçante était là ; l’amour, le grand amour jaillissant était là, ce profond sentiment de solidarité et d’Amitié envers l’Humanité entière était là. Les derniers chapitres sont explosifs, brisants, et palpitants… on sent la vie pulser sous nos doigts, on sent ces cœurs qui battent ensemble, à deux ou à 7 milliards… on sent cette agitation, cette peur, ces désirs, cette vie… on sent, on ressent, on discerne, on éprouve, on respire cette vie… on vit.



"Je ne peux plus me passer de ta voix, ton sourire existe dans ma tête et je sais qu'il sera peut-être différent, que tu seras peut-être différente,  mais je ne peux plus imaginer aller me coucher ce soir, ou n'importe quel soir de ma vie, en acceptant de ne jamais te voir, en acceptant que tu ne sois qu'un rêve."



                Le couple Alex et Jenny m’a énormément ému : pas d’histoire à l’eau de rose, écartez-vous cette idée de la tête, pas trop d’amour, juste la bonne dose pour laisser place tranquillement et aussi avec force à l’intrigue, tout en nous faisant chérir ce couple, ce magnifique amour naissant et lumineux… oui extrêmement lumineux. J’ai aimé ces deux personnages qui vont traverser le monde pour se retrouver… et se trouver, se comprendre eux même dans une quête initiatique sensationnelle, accompagné d’un Marco attachant et plein de sagesse, et d’autres personnages surprenants, étranges ou en tout cas bien construits comme il le faut, juste pour un petit florilège explosif !




"- Mais peut-être que je le suis. Que je ne suis qu'un rêve.
- Oui, tu es le plus beau rêve que j'aie jamais fait.
- Les rêves sont destinés à s'évanouir.
- Alors je ne veux pas me réveiller."



                Ce livre est donc rythmé à souhait et construit avec puissance, talent et émotion ! On plonge dans un univers unique et fascinant, dans une intrigue stupéfiante et surtout un flot d’émotion éclatant et prégnant… une bombe, une bombe émotive, une bombe fracassante… un extraordinaire et prodigieux roman !

◄►◄►◄ LES + ? ►◄►◄►
- Une intrigue pleine de rebondissements, de rythme et de suspens
- Un flot continu d'émotions exaltant
- Une histoire d'amour douce, sensuelle et attachante
- Une fin prenante et explosive, terrifiante, stressante et pleine d'émotions !

◄►◄►◄ LES - ? ►◄►◄►
- Aucun !

◄►◄►◄ EN BREF ►◄►◄►
Un livre duquel on ressort changé, bouleversé et tourmenté... un livre fracassant !


5 mai 2013

[Salle noire #7] L'écume des jours de Michel Gondry


||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| PRÉSENTATION

L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite.
Un film Brio films & Studios Canal
Sortie française : 24 avril 2013
Réalisé par : Michel Gondry
Durée : 2h05

||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| BANDE-ANNONCE


« J'ai l'impression que toute ma vie dépend de cet instant précis. » 


                J’ai beaucoup attendu cette séance cinéma, parce que j’avais vraiment aimé le livre, et parce que la bande annonce regorgeait d’un certain mystère et d’une harmonie d’émotions très plaisante qui m’avait déjà charmé. C’est donc avec un certain enthousiasme et une certaine impatience que j’ai enfin pu aller au cinéma pour voir ce film… J’en suis ressorti avec des couleurs et des scènes farfelues plein les yeux, mais alors à ce moment totalement indécis sur ce que je devais en penser… je ne m’attendais VRAIMENT pas à ça, et ça m’a grandement surpris… au fur et à mesure que la journée a passé, j’ai commencé à bizarrement apprécier de plus en plus le film, peut être par un quelque sentiment de manque. Finalement, malgré le sentiment que j’ai ressenti en sortant de ce film, je ne peux pas dire que j’ai été déçu, et je pense même avoir adoré !

                Le roman magnifique et inventif de Boris Vian a ici été adapté par le grand Michel Gondry. Deux imaginaires qui se sont heurtés et mêlés pour nous offrir un spectacle visuel tout en couleurs, et vraiment attachant ! On découvre les inventions, jeux de mots et bizarreries de l’auteur sous un œil nouveau, et on s’attache au plaisir de voir sous nos yeux s’animer toutes sortes de choses… la première partie du film nous plonge dans cet univers qui nous pétille à la figure et nous permet de découvrir un monde, un Paris étonnant. Le réalisateur semble alors emprunter au dessin-animé toutes les coutures de certaines scènes pour mettre en scène le merveilleux : mouvements saccadés, des objets animés en tissus, des effets spéciaux simples et peu avancés pour notre époque, mais qui crée cette ambiance si spéciale. On s’y attache, on ne se dit pas qu’ils sont tout simplement « nuls », mais qu’ils sont recherchés, voulus et extrêmement bien trouvés ! On a alors affaire à une vision enfantine du monde, de ce monde un peu loufoque mais aussi merveilleux, magique parfois, avec toutes ces couleurs, ces assemblages un peu naïfs, cette malice dans chaque image ou dans chaque objet… Les objets bougent, les meubles ondulent, tout est insolite, léger, malicieux et inventif ! On tombe sous un charme visuel, et sous un attachement étrange à cet univers. On y croit finalement, à ce merveilleux qui est mis en scène d’une façon très simple mais aussi très extravagante, biscornue, mais malgré son aspect brouillon, loin de l’être ! Même si on a parfois l’impression que ça devient trop, on est parfois un peu perdus et c’est ce qui m’a aussi beaucoup dérouté dans cette adaptation, mais on en ressort pas moins charmés !

                Adaptation… l’adaptation est ici très suivie et peu de moments sont différents. Une ou deux scènes sont surprenantes comme Colin et Alise qui s’embrassent, mais l’univers est finalement ici respecté, traduit et envolé comme si Vian s’était réincarné en Gondry… on ne peut savoir ce qu’il aurait pensé de ce film, mais nul doute qu’il ne l’aurait pas détesté, malgré le caractère particulier de l’auteur… ce film suit très bien le livre et son univers déroutant qui vous laisse un peu perdus et incertain sur vos sentiments à la fin.

                De plus l’adaptation ici en 2013 d’un univers inventé en 1947 n’est pas du tout choquante, et même extrêmement bien retranscrite… rien ne change vraiment, tout s’adapte au contexte et les décors sont crédibles. Les anachronismes qui s’insèrent ici comme un téléphone portable ou d’autres petits clins d’œil sont eux même détournés dans un contexte merveilleux, drôle ou étrange.

                Petite note sur la lumière et les couleurs du film… alors que l’univers du début, très fantasmagorique, nous charme, nous emporte et nous fait découvrir un univers bouillonnant de malice et de bulles d’inventivité pétillantes, la lumière va décliner, les couleurs se ternir, et le tout s’assombrir… on va plonger dans une ambiance assez triste, assez sombre pour finir le film sur un noir et blanc plein de signification, plein de tristesse… ce travail est extrêmement bien fait et l’histoire y résonne. Tout comme les émotions.

                L’émotion… retranscrite réellement dans la seconde partie du film, j’ai été captivé, emporté et tourmenté. Quelle beauté… cette deuxième partie, et surtout cette fin a failli m’arracher des larmes, l’univers qui décline peu à peu, tout qui déchante, se perd, croupit… des scènes magnifiques, des scènes fortes, des scènes impressionnantes, des scènes pleines d’émotions. Je me suis laissé captivé et surtout je suis devenu… quelqu’un d’autre au milieu de ce petit monde qui se tourmente et essaye de se débattre dans cette pauvre vie si bien tournée, si bien mise en scène et c’est le point fort du film que cette émotion qui s’en dégage.

                Je n’ai pas trouvé le jeu des acteurs non plus exceptionnels, qui sont parfois même un peu trop avalés peut être par le monde qui les entoure et c’est aussi ce qui m’a fait sortir de la salle avec un goût d’incompréhension de ce que j’ai ressenti ou d’incompréhension sur ce qui s’est joué sous mes yeux… mais Audrey Tautou est sûrement la meilleure actrice dans ce film avec sa magnifique interprétation qui m’a brouillé avec moi-même par ces larmes qui ont bien failli sortir à la fin. Romain Duris est aussi un acteur fort, qui a bien joué l’insouciance, la puérilité parfois et aussi le côté touchant du personnage…

                Pour conclure, j’ai beaucoup aimé ce film parce que certaines scènes, comme la magnifique scène de fin du mariage qui m’a vraiment ému, sont superbement bien tournées, mise en scène et jouées, et parce que l’univers farfelu m’a charmé tout comme ce côté sombre et ce monde qui déchante et s’assombrit m’a touché… Mais il m’a fallu un peu de temps pour me dire réellement que j’avais aimé le film, comme si j’en étais ressorti ayant déjà tout en oublié ou en m’étant laissé trop absorbé par les décors et l’univers, et par la bizarrerie de certains éléments qui m’avaient parfois laissé aussi indécis sur mes sentiments en lisant ce livre. Un magnifique film, vraiment, mais aussi surprenant et peut être parfois trop curieux et déconcertant... J'ai finalement adoré, c'était beau, vraiment, mais à la sortie de la salle il faut un peu de temps, je trouve : j'en étais sorti perplexe -c’est le bon mot.



« Si on rate ce moment, on essaie celui d’après et si on échoue on recommence l’instant suivant, on a toute la vie pour réussir. »
 

Citation de la semaine

"C'est la solitude qui fragilise." Pierre Bottero
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